Rengim Mutevellioglu


Rengim Mutevellioglu nous présente un univers très poétique et singulier.


Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis une photographe turque, née en 1991 en Russie. Ayant reçu mon bac au Lycée Charles de Gaulle à Ankara. Je suis étudiante en licence arts plastiques a Pantheon-Sorbonne. J’aime les chats, Istanbul, et le miel.

Depuis quand pratiquez-vous la photographie ?

Depuis que j’avais 11 ans, soit depuis 7 ans.

Avez vous un anecdote concernant vos débuts dans la photo ?

J’ai commencé la photographie en défiant l’habitude des albums familiaux, un favori de mon père. Après un moment je me suis rendu compte que j’en avais marre de voir mon visage et celui de ma mère comme les seuls souvenirs des lieux qu’on avait visités. Ayant une mauvaise mémoire et déjà assez intéressée par l’art visuel, la photographie se presentait comme la meilleure manière de sauvegarder ces lieux en memoire.


Comment avez vous découvert la photographie ? quand ?

J’ai hérite de mon père la curiosité d’apprendre et de m’intéresser dans un grand nombre de chose pour satisfaire mon besoin de connaitre. Il s’avère que la photographie fut mon projet le plus long et le plus complexe qui laisse toujours en moi la nécessite d’apprendre et de découvrir plus. C’est à 11 ans que j’ai pris en main l’appareil de mon père, un des premiers coolpix de Nikon et me suis enfermée dans les rayons d’art et de photographie de Barne and Nobles tout au long des trois années que j’ai passé à New York.

Avec quel type de matériel avez-vous débuté ?

Nikon coolpix d’abord puis j’ai retrouve l’ancien Canon A-1 de mon père.

Quelques anecdotes sur les étapes de votre apprentissage ?

J’ai passé des années vraiment malheureuses a New York et les librairies furent un vrai refuge pour moi. Ce fut ainsi la source de mon développement artistique et de mon apprentissage en photographie. Mon père me présenta, un ou deux ans plus tard, à Ismail Cem, un ancien ministre de la Turquie qui avait un grand intérêt pour la photographie. Il insista fortement sur le fait que je devais continuer à développer mon talent et me donna des conseils qui valent toujours aujourd’hui et qui me servent de fil de conduite lorsque je me sens découragée.


Si vous citer UN photographe qui vous inspire particulièrement, qui serait-il ?

Oh, je ne pense pas que ça pourrait être possible, mes goûts changent chaque année, et le photographe qui m’inspire maintenant ne sera probablement pas celui qui m’inspirera dans quelque mois. Sinon ces jours-ci, je suis les œuvres de Yagiz Yilmaz (yagizyilmaz.tumblr.com) et de Engin Guneysu (http://enginguneysu.deviantart.com)

Avec quel matériel travaillez vous ?

Nikon D200 et un Yashica FX-103

Quel(s) type(s) de photos réalisez-vous ? Une raison particulière à cela ?

Redoutant la nomination kitsch, je dois avouer que je déteste définir les choses et surtout ce que je fais. Je travaille avec l’homme, parce que je me reflète plus facilement et fortement chez lui, aussi simple que ça.


Vos photographies sont très poétiques, selon moi très littéraires. Pouvez vous nous raconter quels sont vos méthodes de travail?

Quels sont vos sources d’inspirations?

J’aime bien penser que je tiens une connexion très forte avec mes modèles et qu’ils sont mes véritables inspirations. Même si c’est un inconnu que j’ai croisé dans la rue j’essaye de lui imaginer une certaine personnalité et une histoire qui lui conviendrait et qui pourrait ressortir de l’image a travers mes yeux. Ainsi j’essaye de donner ma propre interprétation des gens que je croise. Les gens que je connais me guident dans la création de la photo par leur personnalité. Je pourrais tout simplement dire que ce sont eux qui m’inspirent et qui me poussent vers la création artistique. Sinon étant une lectrice très avide, la clôture de chaque livre me pousse vers la photographie, même si c’est pas toujours évident, les photos facilitent pour moi le passage de la lecture à la vie réelle, ce qui est le cas surtout après une très bonne lecture. Bien-sur généralement les photos finales n’ont rien à avoir avec le livre mais plus avec le(s) sentiment(s) que j’ai eu dans ma lecture.

Quels sont vos liens avec la peinture?

J’ai été exposée très jeune à la peinture. Je passait tout mon temps à peindre quand j’étais petite et à la différence des autres enfants de mon âge, j’adorais visiter les musées. La peinture a toujours été ma passion cachée que j’ai pratiqué au long de ma courte vie même après avoir commencé la photographie. Bien sur comme je fais de l’art plastique a l’université aujourd’hui je ne pourrais plus dire qu’elle reste tellement cachée. Elle est pour moi une libération construite des images dans ma tête et du mouvement des mes mains. Je ne fais pas de la photographie pour remplacer la peinture, c’est en faisant de la photographie que je comprends la vraie valeur des matériaux utilisés et le travail sensuel des arts appliqués.

L’emploi de Diptyque est-il un moyen de créer des fictions?

Les diptyques me donnent une certaine liberté dans la composition de mes travaux, ils me semblent que certaines photos n’existent que pour s’accoupler avec d’autres et ainsi produire une nouvelle photographie en diptyques. Elles brisent les limites du cadre et ainsi du monde qui existe au sein d’un cliché en dépassant dans le monde de l’imagination. J’aime bien penser que les diptyques, composés de manière inhabituelle, poussent le spectateur a stimuler leurs imaginations et leurs pensées et acquérir une réflexion nouvelle et j’espère, complexe, de l’œuvre.

Pourriez-vous raconter votre Modus-Operandi? (temps-espace-voyage)

Je sors mon appareil, je prend la photo, je crée la photo.

Appliquez-vous un ou des traitements à vos photos ? Si oui, lesquels ? qu’apporte d’après vous ce ou ces traitements ?

Oui, je fais des traitements, évidemment pour aboutir a ma vision personnelle de l’image et non de me contenter d’un résultat inédit de l’appareil. C’est pas l’appareil qui fait le travail c’est moi.

Comment définiriez-vous votre travail ?
Ça fait un bon moment que je fais de la photo dans ma très courte vie mais il me reste un tas de chose à améliorer me semble-t-il. J’ai encore un grand cheminement à faire avant que je puisse réaliser cette photo singulière qui me plaira. Parce qu’au niveau ou je suis, a mes yeux, tout-ce que je fais est faible. Mas bon, il faut que je précise que je crée par nécessité, dit-on spirituelle et non par un souci esthétique, donc même si le résultat final ne me plait pas que je continue toujours a photographier.

Quel pensez vous de la photographie aujourd’hui (nouvelles technologies, tendances, démocratisation de la photo etc.)

C’est vrai que tout ce qui se fait dans la photographie aujourd’hui ne me plait pas fortement mais il faut préciser que tout ce qui a été fait dans l’art il y a plusieurs siècles ne me plaisent pas toujours non plus. La photographie, donc d’une manière l’art, se diffuse largement. Les gens qui n’auraient pas eu accès à celui-ci ont la chance de s’ouvrir a un nouveau monde culturel, ce qui conduit a la naissance et à la découverte de talents qui d’autre manière auraient pu se perdre dans le hasard de la vie quotidienne. Je trouve ça fabuleux et j’essaye moi-même de diffuser la photographie de la meilleure manière possible.

Si vous deviez choisir un seul de vos clichés, lequel serait-il ? pourquoi ?

Je pense que toutes les photos qui ont une valeur sentimentale pour moi me sont chères, comme ma serie sur la Georgie par exemple.

Qu’aimez-vous dans la photographie ?

Je vie pour et par la photographe. Ce n’est plus qu’une simple combinaison de plaisir mais ma raison d’être, une necessite tres profonde de m’exprimer. Le besoin de photographier me depasse, si je n’utilise pas mon appareil pour un certain moment je me plonge dans une tristesse profonde et m’eloigne du monde exterieur, des gens. Je pense que la photographie en fin de compte est une manière pour moi d’entretenir une relation avec la vie réelle. Je respire par la photographie. Je pourrais meme dire que j’aime vivre grâce à la photographie, donc ce que j’aime donc la photographie c’est la joie de vivre.

Avez-vous des projets ou des idées dans ce domaine ?

J’ai quelques projets qui me sont chers, et j’y travaille constamment. Ces projets sont si importants que je doute qu’ils seront realisés. C’est pour cela que je préfère travailler en spontanée, développer mes idées lors de la création même, sinon je me perds dans la conception en oubliant la réalisation.

Exprimez-vous !
Finalement Paris n’est pas si mal que ça.:)


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Tania Koller