Bruno Boudjelal

Bruno Boudjelal, aujourd’hui photographe de l’agence Vu, part en 1993 pour l’Algérie, terre alors inconnue de lui, qui connait des périodes de grands troubles et de violence, mais surtout terre natale de son père. Il veut trouver sa famille paternelle, découvrir son histoire et se retrouve plongé dans celle avec un grand H de ce pays.


Dans son livre « Jours Intranquilles », Bruno Boudjellal nous livre son expérience à travers des photographies, des mots, des documents. En quête d’identité, il nous emmène avec lui dans une aventure humaine et intime et nous montre l’Algérie à travers son regard singulier sur une réalité troublante et brutale, si proche mais bien trop méconnue.


Pouvez-vous nous présenter un peu ce livre ?

C’est une longue histoire. En 2003, j’ai été invité par les Rencontres Photographiques d’Arles, à présenter ce travail sous la forme d’un slide-show. Et, à la suite de ça, des gens sont venus me dire : « Faut faire un livre !»

Christian Caujolle m’a alors mis en contact avec les éditions Lamartinière avec qui on a travaillé pendant un an mais le projet a été abandonné. Puis avec Acte Sud et un 3ème éditeur mais rien n’aboutissait. Au bout de 4 ans, 2008, je me retrouve avec rien du tout. Et puis hasard total, je vais à Londres voir des amis que j’avais rencontrés aux rencontres photographiques de Bamako, qui travaillent beaucoup sur les droits de l’homme et la diversité culturelle et qui ont créé une structure qui s’appelle Autographe. On mange un soir ensemble et ils me disent : « Le livre, tu veux pas le faire avec nous ? ». « Je leur dis pourquoi pas. » Et la quatrième proposition a été la bonne.

Ce livre est devenu autre chose qu’un simple livre de photos. Aviez-vous, au départ, l’idée de mélanger les photos et vos carnets de voyage ?

Non, non. Personne ne savait que ces carnets existaient. Ça fait seulement six mois, que j’ai été capable de les montrer. J’allais régulièrement à Londres pour travailler sur le livre. Et un jour, au printemps de cette année, je leur montre mes deux cahiers de voyage, deux gros livres dans lesquels il y a des notes, des photos collées, des facsimilés … Le graphiste et l’éditeur me disent : « Mais, pourquoi tu nous montres ça maintenant seulement ? ».


Donc c’est un peu un carnet de voyage photographique, pour résumer ?

Je pense que c’est plus qu’un carnet de voyage photographique. C’est un parcours dans l’Algérie, c’est un parcours dans le temps, et c’est aussi le parcours d’un photographe. Avec le recul, on s’aperçoit que tout ce qui tourne autour de l’histoire familiale est en noir et blanc et que tout ce qui est en dehors de la famille est en couleur.

Étiez-vous photographe avant l’Algérie ?

Non pas vraiment. Avant 93, j’étais guide en Birmanie.

Et vous pratiquiez un petit peu la photographie?

Je l’ai fait une fois parce que je travaillais pour Terre d’aventure. Un jour, ils me donnent un appareil pour aller faire des photos pour leur catalogue. Les gens autour de Terre d’aventure trouvent les photos bien et me convainquent d’aller voir « Géo ». Ça doit être en 92. Je rencontre la directrice du service photo de « Géo » qui regarde les photos et me dit : « Ecoutez, c’est dommage d’aller dans d’aussi beaux pays et d’être aussi mauvais photographe » (rires)

Qu’est-ce qui a fait que vous avez pris un appareil photo au départ ?

En 93 j’arrête d’être guide, et me vient l’idée d’être photographe. Alors vous dire pourquoi, je ne sais pas trop. N’ayant ni formation, ni école d’art, ni école de photo, ni rien du tout. Je ne connais alors presque aucun photographe. Je viens de voir une expo à l’époque, je pense de Salgado, et, pour moi, la photographie, c’est le grand reportage, c’est lié à l’actualité. Donc je me demande où aller. Et finalement, je décide d’aller en Algérie et de retrouver ma famille paternelle.
***

Mais en fait, qu’est ce qui vous a motivé à l’origine : faire de la photo ou retrouver votre famille ? L’un était-il le prétexte de l’autre ?

Je pense que je n’étais pas capable de me dire, voilà je vais retrouver ma famille, comme ça, sans but, sans travail à faire là-bas. Ça me donnait une sorte de contenance, c’était en quelque sorte une protection. Et donc finalement, je suis arrivé là-bas, un soir de mai 93, et j’ai été confronté à une telle violence… Pour vous dire la méconnaissance que je pouvais avoir de l’Algérie à cette époque là, je débarque avec le Guide Bleu !

Voilà, après commencent des histoires : premier jour à Alger, je manque de me faire tuer deux fois, les bruits, les balles qui explosent, le couvre-feu… Et là, au bout d’une journée et demi à Alger, grande question : est-ce que je reste ou est-ce que je rentre ? Finalement, je reste. Je reste pour retrouver la famille. Pour faire de la photo, il fallait oublier. J’ai essayé de cadrer, j’ai eu de grosses embrouilles.

Au bout de quatre jours à Alger, je pars dans l’est algérien parce que ma famille est de la région de Sétif. Je n’ose même plus faire d’image, je suis terrorisé. J’arrive juste à prendre des paysages, une vue de mon balcon : la nuit de Tizi Ouzou vide pendant le couvre feu… Je ne peux faire que des trucs comme ça. Mais lors de mes voyages suivants, j’ai vite compris que, 1) on ne peut pas cadre
2) il faut des petits appareils parce il ne faut surtout pas être identifié comme photographe
3) on ne peut pas s’arrêter pour cadrer. De là est venue l’idée du mouvement. C’est-à-dire que, quand je suis dans l’espace public, à Alger, à Constantine, c’est tellement tendu qu’il faut tout le temps bouger pour photographier incognito.


Ce qui explique le flou de vos photos ?

Flou, mouvement, voilà. Beaucoup de gens m’ont interrogé par rapport à cette forme. Il y a des photographes qui l’utilisent par choix esthétique. Moi au départ, je ne suis pas là dedans. C’est de la pratique de la photographie en Algérie et de l’impossibilité de photographier à laquelle j’ai été confronté, que je pars sur une pratique assez radicale.


Sur ces dix années de travail en Algérie, votre manière de photographier évolue-t-elle et comment ?

Bien sûr la photographie évolue. On passe du noir et blanc à la couleur. Et disons qu’il y a, avec le temps, quelque chose de plus affirmé peut être.

Vous savez davantage passer inaperçu aussi ?!

Disons qu’après je ne me déplace plus seul. Je suis avec mes cousins et leurs amis, qui sont tous des gamins du quartier le plus populaire de Sétif, tous islamistes. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’ils m’ont toujours protégé et qu’ils m’ont toujours emmené avec eux, même à la mosquée, tout en sachant ce que je faisais.

Après, tout le travail en dehors de la famille se fait avec les amis que va me présenter Hamida, cette femme que je rejoins l’été 99 à Alger. Hamida est une grande militante donc je me retrouve dans le cercle des droits de l’homme, d’une grande journaliste très engagée qui s’appelle Salima Ghezali, première femme à avoir dirigé un journal dans le monde arabe et qui a reçu les prix Olof Palme et Sakharov (en 97).

En 93, j’ai bien senti les ténèbres et le chaos dans lesquels était plongée l’Algérie et j’ai voulu me protéger en restant dans la famille. Et, finalement, à partir de 99, je me trouve confronté à ce à quoi je voulais échapper pendant plusieurs années. Les gens que je fréquente sont, par exemple, un ami qui monte le collectif des familles de disparus, un autre ami rescapé d’un massacre…

Est-ce qu’on peut dire que cette expérience vous a fait devenir photographe ?

Oui bien sûr. Mais je pense que c’est aussi la photographie qui est venue me chercher. J’ai fait en 93 ces premières images en Algérie et il n’y avait rien, peut-être 20 photos.

Et puis un ami, ancien iconographe de L’autre journal, voit les photos et me suggère de les proposer à Libération et à L’évènement du Jeudi qui les publient. Il m’incite à demander une bourse à la DRAC, qui me l’accorde pour un sujet sur la communauté turque. Je travaille pendant un an sur la communauté turque en France et puis je fais une toute petite expo dans une association à Paris. A cette association à Paris, arrive le propriétaire de Cipa Presse qui me propose de travailler pour eux. Au bout de cinq mois, j’en ai marre et j’arrête. Je repars de nouveau travailler comme guide en Birmanie pendant un an et demi. En avril 97, on mange avec mon père et je lui dis : Viens, on fait un voyage là-bas !

On fait un premier voyage en Algérie en juillet 97. Deux jours avant de rentrer en France, mon père me dit : Moi je reviens à l’automne et je fais une grande fête et j’invite toute la famille. On rentre en France et arrive ce qu’on appelle la période des grands massacres fin 97. Il m’appelle les derniers jours d’octobre et me dit : Ecoute, j’ai deux billets pour Constantine. Est-ce que tu viens avec moi ? Et on repart tous les deux. Il fait sa fête. Bon après c’est rocambolesque. Le retour est un peu compliqué…

Un ami m’appelle et me dit : « Bon alors, les photos ? ». Je lui dis que je n’ai rien développé parce que je ne peux pas, je n’ai pas l’argent. Dix jours après, une femme m’appelle et me dit : Voilà, bonjour, je travaille à GEO, et j’ai entendu dire que vous avez été en Algérie.
Je lui dis : Vous savez, c’est une histoire personnelle, c’est en noir et blanc…
Mais elle me dit : montrez-moi !Je lui dis : Je ne peux rien vous montrer parce que ce n’est pas développé.
Elle me dit : Ecoutez, allez à ce labo, nous, on vous paye le développement des films et les planches contact et revenez me voir.
Je le fais. Elle regarde les planches contacts pendant dix minutes et elle me dit : Vous pouvez attendre un moment ?

Et elle revient avec Jean-Luc Marty le rédacteur en chef qui me sort un contrat en disant : Allez, on va publier l’histoire de votre père. Vous voulez ? Parce que GEO préparait pour le printemps 98 un numéro spécial sur l’Algérie. Donc, l’histoire de mon père est publiée.

Avec son accord ?

Avec son accord et l’accord de la famille. Un mois après, l’article est publié dans le New York Times, puis suivent Stern et The Guardian. Des gens autour de moi me disent qu’il faut continuer le travail en Algérie. Je demande donc une bourse du Fiacre, que j’obtiens avec le soutien de Christian Caujolle, le directeur de l’agence Vu. Et c’est vraiment à partir de 98 que je commence à m’inscrire en tant que photographe.

Si vous deviez faire un bilan de ces dix années de travail sur l’Algérie ?

Ces dix années… riches à plein de niveaux. Sur le plan personnel, je ne pouvais pas avoir d’enfants avant d’y aller. J’ai eu ma première fille en septembre 99. Impossible avant…

Votre rapport avec votre père ?

Ça a été très compliqué. Quand il y a eu la publication dans GEO au printemps 98, je l’ai emmené avec un peu d’inquiétude à la famille en Algérie, et la réaction a été très enthousiaste, très forte. Eux, ils me disent : A vie on te devra ça, le fait que tu sois venu nous rechercher, dans ce contexte, sans rien, sans information ! (mon père y était opposé et je connaissais juste le nom du village).

En amenant mon père avec moi en Algérie, je pensais que c’était une façon de l’aider à se réapproprier son histoire, de nous aider à nous construire une histoire ensemble, sauf que ça a été le contraire de ça, ça a explosé. Il n’a pas supporté. Je pense que c’était trop dur, trop douloureux. Après, vous dire pourquoi exactement… Et quand j’ai montré l’article de GEO sur mon père à mon grand père français, le père de ma mère, il m’a jeté le magazine à la figure, il m’a dit : c’est un torchon !

Ça arrive à plein de gens ça, à partir du moment où on commence à remuer les histoires de famille, des secrets… Ça m’a éloigné de ma famille française. Pour vous dire, ça a été loin : quand mes grands-parents sont décédés, j’ai été le seul rayé de l’héritage.

Donc finalement, vous aviez des attentes, (quête identitaire, retrouver votre famille du côté algérien) mais vous ne vous attendiez pas à cette explosion ?

Non, non, mais déjà les rapports étaient compliqués avec ma famille en France. Il y avait plein de secrets de famille. Un jour, pour avoir un passeport, je demande un certificat de naissance avec filiation complète et je m’aperçois qu’au départ, je ne m’appelle pas Boudjelal mais Sombret. Et je me dis, mais c’est quoi cette histoire ?!

Cette histoire (que je savais en partie) c’est que quand ma mère était enceinte, mon père est parti. Ma mère appartenait à la petite bourgeoisie, mon grand père était receveur des postes, et il l’a mise dehors. Et puis quelque temps avant qu’elle accouche, il a repris ma mère et il l’a amenée à la clinique où elle a accouché.

Ils m’ont reconnu, d’où mon nom français ; sauf que le lendemain de ma naissance et après m’avoir reconnu, ils m’ont emmené dans un institut pour enfants illégitimes où j’ai été abandonné pendant 6 mois, un an, un an et demi ? Impossible de savoir.

Pas plus je pense car vous pouvez voir sur le certificat que mon père s’est marié avec ma mère en 63 et en même temps m’a reconnu. D’où le fait que mon nom a changé, j’ai pris le nom de mon père. Mais tout ça avant d’avoir le certificat, je ne savais pas. Et donc de creuser rien que ça…

Maintenant, on ne se parle plus avec mes parents. Mais à l’époque où je leur parlais et où mes grands-parents étaient encore vivants, si je leur demandais : « Par rapport à cette histoire d’abandon dans cet institut, vous m’avez laissé combien… 6 mois ? un an ? », ils ne pouvaient pas répondre. Donc vous ouvrez un tiroir et puis il y en a un autre qui s’ouvre. Par rapport à la famille française, cette expérience a fait exploser tous les liens familiaux. Là où d’un côté, ça s’est renforcé, et je me suis nourri de cette part de l’Algérie, ça s’est complètement délité de l’autre. Ils ont mal accepté.


Votre expérience en Algérie vous a-t-elle reconstruit ?

Ca m’a reconstruit, mais ça a déconstruit des choses. Je pense que c’est le propre de plein de familles, ces histoires de secrets. Mes parents et grands-parents ont tout fait pour me taire ce côté algérien, ces origines. Il y avait quelque chose à cacher, quelque chose de pas bien.

Un jour, dans le sud de la Chine (j’étais guide et je voyageais en Asie, on faisait des trajets en bus de vingt heures, très inconfortables), j’étais assis à côté d’un vieux monsieur espagnol et on discutait. Lors d’un contrôle sur la route, on sort nos papiers et il me dit :

– Mais, tu es français, toi ?

– Oui.

– Mais ton nom là, c’est quoi ?

– Mon père est d’origine algérienne.

– Elle est où la famille ?

– Elle est en France.

– Mais, la famille en Algérie ?

– Je connais pas la famille en Algérie.

Il me demande si je vais aller les voir. Je lui dis que je n’en ai pas du tout l’intention. Il me dit « Tu vas voir, un jour, ça va te tomber dessus. Tu vas y aller ! »

Quelles sont vos influences artistiques?

Au départ, la photographie, c’est un peu un hasard. A l’époque où je commence, je n’y connais rien, je n’ai pas de référence en photographie. Moi je viens à la photo par le cinéma. Mon grand rapport avec l’image, c’est l’image animée, c’est le cinéma : Antonioni, Cassavetes…J’ai vu une quantité de film. Depuis le lycée je suis fana de cinéma.

Quand on s’attarde sur votre travaille, sur vos quêtes, on peut penser à vous rapprocher de Patrick Zachmann ou même de Depardon …?

Peut-être… Il y a plein de photographes que j’aime bien : Antoine D’Agata, Michael Ackermann, Max Pam…

Quelles sont vos techniques de prédilection ?

Je travaille en argentique et un peu avec n’importe quoi. Après l’Algérie, ça s’est encore plus radicalisé. J’ai traversé l’Afrique de Tanger au Cap par la route sur cinq ans. Là, je reviens de Bamako (Rencontres photographiques, ndlr) où je montrais ce travail avec toujours la photo et les textes, mais aussi des films super 8 et de la vidéo.

Vous travaillez avec « n’importe quoi, de manière indisciplinée », mais c’est un choix, n’est-ce pas ?

Tout à fait. Là, j’ai fait un gros travail avec un photographe ghanéen, Nii Obodaï. On a fait un livre sur le Ghana, qui va sortir bientôt. J’ai fait tout le travail, sauf de nuit, avec l’appareil photo jouet en plastique d’une de mes filles. Je travaille avec de la 400 ASA, ou même de la 200 que je pousse à 3200. Maintenant on est sur des pratiques un peu extrêmes (rires).


Quels ont vos projets ?

Il y a un livre sur le Ghana, qui va sortir. Il est question que l’exposition « Jours Intranquilles » tourne et soit présentée en Algérie.

Il y a l’exposition sur la traversée de l’Afrique qui a été présentée aux rencontres photographiques de Bamako (nov 2009, ndlr). L’idée est de la montrer ici. Peut-être de faire un livre, mais ce n’est pas encore fini. Il y a des endroits où je voudrais revenir.

Pendant ces cinq ans, j’ai fait aussi beaucoup d’ateliers avec de jeunes photographes africains, ça c’était une autre histoire, une histoire forte. Par exemple, à la biennale de la photo de Bamako, j’ai présenté trois jeunes que j’avais eus dans ces ateliers, et deux d’entre eux ont eu un grand prix : Baudouin Mouanda, du Congo Brazzaville, et Abdoulaye Barry, du Tchad. Et, bientôt, doit commencer une nouvelle série sur l’Algérie avec mon amie Salima Ghezali, avec carte blanche, pour le musée Niepce à Chalon-sur-Saône.

Enfin, je pars en Corse, cette année, pour une commande sur l’un des quartiers les plus déshérités de Bastia, où une très vieille école va fermer à Pâques. On me demande d’intervenir dans l’école mais aussi dans le quartier, avec les habitants, des nord-africains, des gitans… une population très défavorisée.

Vous aimez travaillez sur les limites, les « bords » ?

Quand Vu a fêté ses 20 ans, il y a eu une commande faîte à quinze photographes avec une thématique sur Paris. J’ai pris la thématique des bords, des limites, du passage de Paris à la banlieue. C’est un travail en cours, que j’ai arrêté. J’ai beaucoup de mal. Je viens de banlieue. Je suis natif des Bosquets, à Montfermeil. L’idée de travailler sur la banlieue a toujours été sous-jacente. J’ai longtemps pensé qu’après ce travail en Algérie, après m’être réapproprié une part de mes origines, je pourrais aussi retourner sur les lieux de mon enfance.

Je suis un pur produit de Seine-Saint-Denis. Je pense qu’il y a aussi une histoire à faire avec ça, je ne sais pas, il faut trouver l’angle…

Quand, en 2005, des émeutes ont éclaté à Clichy sous Bois, Libération, sachant que je venais de là-bas, m’a demandé d’y aller. J’ai refusé. Cela n’avait aucun sens. Je me suis toujours éloigné d’une certaine approche médiatique de la banlieue. J’ai pourtant souvent été sollicité là-dessus. La Seine Saint-Denis me propose de réaliser des voyages dans le département sur une période d’un an. Peut-être que ce sera ça.

La réalisation, ca vous tente ?

Je pense. Il y a l’idée de passer au film. Récemment, j’ai rencontré deux artistes : Alfredo Jaar, qui est chilien, et Marcelo Brodsky, argentin, qui font un travail mêlant écriture, vidéo, installations. J’ai été très stimulé par leurs travaux. En ce moment, j’ai du mal à m’enthousiasmer pour la photo, même si ça m’arrive encore, comme pour l’expo Diane Arbus à Londres il y a 2 ans. Mais je ressens plus de choses avec des supports plus variés.


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Fleur Jouas & Blanche Lepetit

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