Kimiko Yoshida

Date de Publication: 16 octobre 2010

Kimiko Yoshida, Painting Self-portrait

Née à Tokyo en 1963, Kimiko débute en 1995 des études de photographie au Tokyo collège of Photography. Un an plus tard, elle poursuit ses études en France, à l'Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d'Arles.

Ce départ précipité du Japon s'explique notamment par son enfance douloureuse ; Cette fuite en France s’explique notamment par une enfance douloureuse ; « J’ai fui le Japon parce que j’étais morte. Je me suis réfugiée en France pour échapper à ce deuil. Mon désir est d’Être là où je ne pense pas être. »

C’est ainsi, en connaissant mieux le passé de l’artiste, que l’on comprend le titre de l’exposition : « Là où je ne suis pas ». Chargée de son histoire personnelle, empreinte de poésie et d’imagination, on savoure alors le paradoxe de ses photographies qui se révèlent être des autoportraits.

Toujours fardée dans la couleur d'arrière-plan les contours de son visage semblent se perdre dans le décor. L’artiste s’efface alors dans des autoportraits quasi-monochromes. Son expression apparaît puis disparaît, se révèle et s’envole, vie et meurt. Notre attention glisse alors sur des détails simples et efficaces qui agitent notre esprit. Tout est pensé, réfléchi, rien ne semble avoir été laissé au hasard, nous sommes simplement emportés devant ces photographies.

Kimiko Yoshida, Painting Self-portrait

La première salle présente des autoportraits de Kimiko sur le thème des « Mariées célibataires ». Une idée qu'elle développe depuis 2001, et qui reflètent la peur d’une enfant hantée par l’image de sa mère. Une mère n’ayant eu d’autres choix que de subir un mariage arrangé. Le sujet est décliné dans une multitude d’autoportraits, tantôt mariée mythologique, tantôt danseuse sacrée du temple d’Angkor Vat, ou encore Camerounaise, Egyptienne, Astronaute, voir même Pokemon.

La deuxième salle, propose une nouvelle série développée par Kimiko YOSHIDA et intitulée « Peintures ». Son imagination y apparaît sans limites. Entrant dans la salle, on aperçoit de loin des personnages aux coiffes magnifiques, vêtus de parures admirables aux couleurs chatoyantes. Puis, en nous approchant, nous découvrons que tout n’est que détournements d’objets. Chaussures, manteaux et sacs à main sont utilisés dans des endroits improbables Mais plus encore que le détournement d’objets, l’artiste s’appuie sur des chefs d’œuvre de l'histoire de l'art pour réaliser ses photographies. On y retrouve notamment Arearea de Gauguin, Salomé de Klimt, la jeune fille souriant de Vermeer et bien d’autres.

Enfin, dans la troisième et dernière salle, Kimiko nous rappelle qu'elle a été créatrice de mode, s'appropriant ici, des modèles de haute couture de Paco Rabanne. Modèles qu'elle détourne à nouveau au gré de son extravagance pour proposer encore ici des photographies captivantes.

Vous l’aurez compris, j’ai particulièrement apprécié cette exposition. Chaque photographie se révèle être une véritable réflexion. Au-delà du simple autoportrait, Kimiko nous fait voyager à travers l’histoire, les cultures, la mythologie, l’art… Kimiko nous entraine sur des chemins inattendus, insolites, et on aime !

Kimiko Yoshida, Painting Self-portrait

Article par Fanny Leloup

Correspondances:

Dany Leriche & Jean Michel Fickinger
Dave Jordano