Kimiko Yoshida


Elle est née à Tokyo en 1963, Kimiko étudie à partir de 1995 la photographie au Japon, au Tokyo College of Photography. L’année suivante, c’est l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie à Arles qu’elle poursuit ses études.

Cette fuite en France s’explique notamment par une enfance douloureuse « « J’ai fui le Japon parce que j’étais morte. Je me suis réfugiée en France pour échapper à ce deuil. Mon désir est d’Être là où je ne pense pas être. »

C’est ainsi, en connaissant mieux l’histoire de l’artiste, que l’on comprend le titre de l’exposition « Là où je ne suis pas ». Chargées d’histoires personnelles, de poésie, et d’imagination, vous savourerez alors le paradoxe de ses photographies qui se révèlent être des autoportraits.

Fardée tel le fond du décor, nous en perdons les contours de son visage. L’artiste s’efface alors dans des autoportraits quasi-monochromes. Sa figure apparaît puis disparaît, se révèle et s’envole, vie et meurt. Notre attention se porte alors sur des détails simples et efficaces qui agitent notre esprit. Tout est pensé, réfléchi, rien ne semble être laissé au hasard, et nous sommes simplement emportés devant ces photographies.

La première salle présente des autoportraits de Kimiko sur le thème des « Mariées célibataires ». Elle développe cette idée depuis 2001 quireflète la peur d’une enfant hantée par l’image d’une mère n’ayant eu d’autres choix que d’accepter un mariage arrangé. Le sujet est décliné dans des dizaines et dizaines d’autoportraits, tantôt mariée mythologique, tantôt danseuse sacrée du temple d’Angkor Vat ou encore Camerounaise, Egyptienne, Astronaute, voir même Pokemon.

La deuxième salle, expose une nouvelle série développée par Kimiko YOSHIDA intitulée « Peintures ». Son imagination est encore ici grandissante. En entrant dans la salle, on aperçoit des personnages aux coiffes magnifiques, aux parures admirables et dont les couleurs sont chatoyantes. C’est en nous approchant que nous découvrons que le tout n’est que détournements d’objets. Chaussures, manteaux, sacs à main sont utilisés là ou on ne s’y attend pas. Mais plus encore que le détournement d’objets, l’artiste s’appuit sur des chefs d’œuvre de l’histoire de la peinture pour réaliser ses photographies. On y retrouve notamment Arearea de Gauguin, Salomé de Klimt, la jeune fille souriant de Vermeer et bien d’autres.

Enfin dans la troisième et dernière salle Kimiko s’approprie, en tant qu’ancienne créatrice de mode, les créations de haute couture de Paco Rabanne et les détourne à nouveau selon ses idées extravagantes pour créer encore ici des photographies particulièrement prenantes

Je pense que vous l’aurez compris, j’ai particulièrement apprécié cette exposition. Chaque photographie se révèle être une véritable réflexion. Au-delà du simple autoportrait, Kimiko nous fait voyager à travers l’histoire, les cultures, la mythologie, l’art…Kimiko nous entraine sur des chemins où l’on ne s’y attend pas, et on aime !


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Fanny Leloup

Correspondances:

Dany Leriche & Jean Michel Fickinger
Dave Jordano