Jean-Marie Cras

Jean-marie Cras nous présente un magnifique reportage photo sur les États-unis !


Jean-Marie, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis né le 2 juillet 1963 dans la région Parisienne que l’on n’appelait pas encore le 93 mais les problèmes étaient déjà là, les mêmes que maintenant, un peu moins forts peut-être. À dix sept ans, j’ai commencé un apprentissage d’ébénisterie. Je n’aimais pas être confiné la journée durant au même endroit, dans un espace clos, je voulais bouger, marcher et rencontrer d’autre personnes.

Depuis quand pratiquez-vous la photographie ?

J’ai commencé une école de photographie en cours du soir en 1987, mon premier boulot en 1989 comme assistant photographe pour le rapport annuel de la Snecma.

Avez-vous une anecdote concernant vos débuts dans la photo ?

En 1989 je suis parti faire quelques images de carnavals en Europe: Venise, Dunkerque, Cologne… Je pensais ramener des clichés intéressants, en fait, je n’ai fait que de mauvaises cartes postales, mais un soir à Venise sur la place St Marc alors que je passais devant le café le Florian, fatigué après une journée de marche dans le froid, j’ai croisé le regard d’une femme dissimulé derrière un masque. Quelques années après, nous nous sommes mariés.


Qu’aimez-vous dans la photographie ?

La photographie est un prétexte à la rencontre avec autrui. Rentrer dans des univers très différents, prendre son temps, parler. Être dans un petit village au cœur de l’Afrique avec des gens vous expliquant leur vie quotidienne, puis, une quinzaine de jours plus tard photographier des banquiers passionnés par leur travail. Le jeu consiste alors à organiser le carré, de presque rien un amas informe de lignes, de masses, il s’agit de bâtir une image, de mettre de l’ordre dans le désordre. La composition est primordiale en photographie, le graphisme, les lignes, les courbes, j’essaie d’en jouer, je pense que cela peut renforcer mon propos, ou en tout cas ma vision de la photographie..

J’aime déambuler dans les rues des villes que je ne connais pas, m’arrêter à un endroit qui me semble intéressant, attendre la bonne personne pour un lieu précis. Depuis une dizaine d’années je fais essentiellement des portraits posés de gens rencontrés au hasard de mes pérégrinations, dans différents pays, même si les photographies que je réalise sont très construites, je laisse une certaine place à l’improvisation, à la poésie du moment.


Comment avez vous découvert la photographie ?

Dans le métro parisien un jour de 1985 je me suis approché très près d’un vieux monsieur qui portait une casquette, le fond partait en s’élargissant comme un grand angle j’ai fais cette photographie virtuelle et je l’ai toujours en mémoire. Auparavant je dessinais un peu, je pense que l’envie de construire, de bâtir et le désir d’aller vers les autres m’ont entraîné vers la photographie.

Avec quel type de matériel avez-vous débuté ?

Nikon fm 2 avec un 24mm ouverture 2,8 que je regrette un peu maintenant car ces boîtiers étaient simples d’utilisation et duraient longtemps ce qui est l’inverse aujourd’hui.

Quelques anecdotes sur les étapes de votre apprentissage ?

Lorsque j’ai débuté la photographie je faisais beaucoup d’assistanat: mode, nature morte, reportage. Lors d’une prise de vue de voiture qui est assez compliquée à éclairer, je me suis trompé en mettant les plaques d’immatriculations: l’avant à l’arrière et vise versa. La plaque arrière à toujours un petit décroché et s’est donc retrouvée à l’avant, je ne m’en suis aperçu qu’au moment de la livraison pour le client, il a fallu faire énormément de retouches onéreuses et à l’époque (1990) Photoshop n’était qu’à ses balbutiements. Malgré tout j’ai touché à beaucoup d’aspects de la photographie, les différents formats, les natures mortes, le reportage et un tas d’autres choses qui ont permis par la suite que je me détermine pour mes choix personnels.


Si vous deviez citer un photographe qui vous inspire particulièrement, qui serait-il ?

Évidemment j’ai une pléthore d’influences, mais les photographes qui je crois ont été et sont toujours déterminants à mes yeux sont Bill Brandt pour son élégance et ses cadrages et August Sanders pour sa rigueur et sa détermination toute Germanique à s’être tenu sa vie durant à une seule et même œuvre.

Avec quel matériel travaillez-vous ?

Pour tous les portraits de rue j’utilise un vieux rolleiflex, 1 hasselblad avec un 80 mm et un swc grand angle, plus un système d’éclairage qui m’est propre.
Pour les boulots corporate j’utilise un nikon D700 avec zoom.

Qu’aimez-vous dans la photographie ?

La photographie est un prétexte à la rencontre avec autrui. Rentrer dans des univers très différents, prendre son temps, parler. Être dans un petit village au cœur de l’Afrique avec des gens vous expliquant leur vie quotidienne, puis, une quinzaine de jours plus tard photographier des banquiers passionnés par leur travail. Le jeu consiste alors à organiser le carré, de presque rien un amas informe de lignes, de masses, il s’agit de bâtir une image, de mettre de l’ordre dans le désordre. La composition est primordiale en photographie, le graphisme, les lignes, les courbes, j’essaie d’en jouer, je pense que cela peut renforcer mon propos, ou en tout cas ma vision de la photographie..

J’aime déambuler dans les rues des villes que je ne connais pas, m’arrêter à un endroit qui me semble intéressant, attendre la bonne personne pour un lieu précis. Depuis une dizaine d’années je fais essentiellement des portraits posés de gens rencontrés au hasard de mes pérégrinations, dans différents pays, même si les photographies que je réalise sont très construites, je laisse une certaine place à l’improvisation, à la poésie du moment.


Comment avez vous découvert la photographie ?

Dans le métro parisien un jour de 1985 je me suis approché très près d’un vieux monsieur qui portait une casquette, le fond partait en s’élargissant comme un grand angle j’ai fais cette photographie virtuelle et je l’ai toujours en mémoire. Auparavant je dessinais un peu, je pense que l’envie de construire, de bâtir et le désir d’aller vers les autres m’ont entraîné vers la photographie.

Avec quel type de matériel avez-vous débuté ?

Nikon fm 2 avec un 24mm ouverture 2,8 que je regrette un peu maintenant car ces boîtiers étaient simples d’utilisation et duraient longtemps ce qui est l’inverse aujourd’hui.

Quelques anecdotes sur les étapes de votre apprentissage ?

Lorsque j’ai débuté la photographie je faisais beaucoup d’assistanat: mode, nature morte, reportage. Lors d’une prise de vue de voiture qui est assez compliquée à éclairer, je me suis trompé en mettant les plaques d’immatriculations: l’avant à l’arrière et vise versa. La plaque arrière à toujours un petit décroché et s’est donc retrouvée à l’avant, je ne m’en suis aperçu qu’au moment de la livraison pour le client, il a fallu faire énormément de retouches onéreuses et à l’époque (1990) Photoshop n’était qu’à ses balbutiements. Malgré tout j’ai touché à beaucoup d’aspects de la photographie, les différents formats, les natures mortes, le reportage et un tas d’autres choses qui ont permis par la suite que je me détermine pour mes choix personnels.

Si vous deviez citer un photographe qui vous inspire particulièrement, qui serait-il ?

Évidemment j’ai une pléthore d’influences, mais les photographes qui je crois ont été et sont toujours déterminants à mes yeux sont Bill Brandt pour son élégance et ses cadrages et August Sanders pour sa rigueur et sa détermination toute Germanique à s’être tenu sa vie durant à une seule et même œuvre.


Avec quel matériel travaillez-vous ?

Pour tous les portraits de rue j’utilise un vieux rolleiflex, 1 hasselblad avec un 80 mm et un swc grand angle, plus un système d’éclairage qui m’est propre.
Pour les boulots corporate j’utilise un nikon D700 avec zoom.

De manière plus générale, quel(s) type(s) de photos réalisez-vous ?

La photographie que j’affectionne est le portrait posé format 6×6 éclairé, cadré, structuré, composé, mais cela reste toujours du reportage à l’instar des photographies snap shot, instantanées. Mais chaque photographe doit se créer, pouvoir s’exprimer à sa façon, et surtout trouver son propre style, trop souvent je vois des photographies qui se ressemblent pourtant faites par des photographes différents. J’ai l’impression que beaucoup de gens se copient les uns les autres sans avoir réellement d’inspiration.

Êtes-vous attiré par un autre type de photos ?

La photographie en générale m’intéresse cela dépend du regard du photographe, un grand photographe de mode comme Guy Bourdin a innové je pense son travail toujours d’actualité. Il faisait des photographies avant de faire de la photo de mode, avec ses couleurs saturées, son regard décalé, cela me fait penser à la musique de john Coltrane lorsqu’on l’écoute on pense qu’elle est actuelle. Certains photographes plasticiens ont une démarche novatrice comme philip lorca-dicorcia avec sa série sur Cuba par exemple.


Parlez nous de cette série de photo

À chaque nouveau pays traversé la question récurante est de savoir comment les gens vont réagir devant l’appareil photo. J’appréhendais un peu ce voyage, car toutes mes photographies sont très frontales, ce sont des rencontres, au coin d’une rue, un café, une station essence, de temps en temps je pousse même la porte des gens et rentre chez eux, mais pour faire un cliché il faut que la personne accepte. À partir de cet instant tout est possible, je peux marcher avec elle et la déplacer sur plusieurs centaines de mètres dans un paysage repéré au préalable.( voir la photo « sang mêlé » ).

Connaissiez-vous les Etats-Unis avant ce voyage ?

La plupart de ces images ont été prises dans l’Arizona, l’Utah et le Nouveau Mexique je n’avais jamais séjourné là-bas auparavant.

Le choix du Noir et Blanc est-il propre à cette série ou à l’ensemble de votre travail ?

Pour tous mes voyages à l’étranger en dehors des commandes je photographie en noir et blanc.


Vos portraits présentent des hommes et femmes de tous horizons. Comment se sont déroulées ses rencontres ? Comment se sont-ils si bien prêtés au jeu de la photo ?

Je n’ai pas rencontré d’animosité particulière par rapport à la photographie, bien au contraire, cela m’a surpris. La photographie est un jeu de patience, lorsque j’ai repéré un endroit qui me plait, j’attends que la bonne personne passe, je lui parle, elle accepte ou refuse. Je crois que les gens me font confiance très rapidement, je ne sais pas pourquoi, je leur parle gentiment, m’intéresse à ce qu’ils sont. La perception de l’âme d’un pays est je crois le but recherché.

De manière plus générale, quel(s) type(s) de photos réalisez-vous ?

La photographie que j’affectionne est le portrait posé format 6×6 éclairé, cadré, structuré, composé, mais cela reste toujours du reportage à l’instar des photographies snap shot, instantanées. Mais chaque photographe doit se créer, pouvoir s’exprimer à sa façon, et surtout trouver son propre style, trop souvent je vois des photographies qui se ressemblent pourtant faites par des photographes différents. J’ai l’impression que beaucoup de gens se copient les uns les autres sans avoir réellement d’inspiration.

Êtes-vous attiré par un autre type de photos ?

La photographie en générale m’intéresse cela dépend du regard du photographe, un grand photographe de mode comme Guy Bourdin a innové je pense son travail toujours d’actualité.
Il faisait des photographies avant de faire de la photo de mode, avec ses couleurs saturées, son regard décalé, cela me fait penser à la musique de john Coltrane lorsqu’on l’écoute on pense qu’elle est actuelle. Certains photographes plasticiens ont une démarche novatrice comme philip lorca-dicorcia avec sa série sur Cuba par exemple.


Parlez nous de cette série de photo ?

À chaque nouveau pays traversé la question récurante est de savoir comment les gens vont réagir devant l’appareil photo. J’appréhendais un peu ce voyage, car toutes mes photographies sont très frontales, ce sont des rencontres, au coin d’une rue, un café, une station essence, de temps en temps je pousse même la porte des gens et rentre chez eux, mais pour faire un cliché il faut que la personne accepte. À partir de cet instant tout est possible, je peux marcher avec elle et la déplacer sur plusieurs centaines de mètres dans un paysage repéré au préalable.( voir la photo « sang mêlé » ).

Cette série donne l’impression d’un voyage, ou d’un « Road Trip » en dehors des sentiers battus, à la rencontre d’une Amérique différente de celle que l’on nous montre habituellement, à la rencontre des vrais américains. Comment avez-vous voyagé ? Votre parcours était-il fixé par avance ou avez-vous évolué au gré de vos rencontres ?

Je suis resté un mois à sillonner l’ouest Américain, c’est une région assez fascinante, on y rencontre des Mexicains, des indiens, des blancs… cette mixité propre aux États-Unis. Flagstaff une petite ville assez étendue m’a surpris, elle est traversée par une ligne de chemin de fer où tous les quarts d’heure un train de marchandises passe dans un vacarme assourdissant. D’un côté de la voie il y a les riches de l’autre les pauvres, le train représente vraiment cette ligne de fracture, très tranchante. J’ai arpenté les rues de Flagstaff à la recherche de visages de toutes sortes. Je ne planifie rien, quand un lieu m’ennuie je change, je découvre, l’idée de déplacement me séduit comme dans une quête un peu folle de visages.


Quelles ont été vos rencontres les plus marquantes ? Quelles expériences tirez-vous de ce travail ?

Une des rencontres les plus touchantes a été à Oak Creek Canyon en Arizona ou 4 apaches étaient venus se baigner, il y avait 2 couples tous obèses buvant beaucoup de bière, ils m’ont expliqué leur vie dans la réserve, leur langue qui est une langue morte maintenant, les problèmes qu’ils pouvaient rencontrer à l’université, une indicible tristesse se lisait au fond de leurs yeux. Je leur ai envoyé les photographies que j’avais faites ce jour là, ils m’ ont répondu chaleureusement en m’invitant dans leur réserve, un jour j’irais, sûr.

Que pensez-vous de la photographie d’aujourd’hui ?

L’arrivée de la photographie numérique à changé pas mal de choses, tout le monde maintenant peut photographier plus facilement qu’avant. La photo se retrouve dans les musées prestigieux, depuis vingt ans cela a beaucoup évolué. Je ne suis pas sûr que devant ce déferlement d’images on y gagne en émotion et en beauté.

Si vous deviez choisir un seul de vos clichés, lequel serait-il ? Pourquoi ?

Pour cette série j’aime » five in flagstaff « l’Amérique déglinguée mais poétique.

Quels sont vos projets photo pour l’avenir ?

Voyage au Benin prochainement.

Autre chose ?

« Marche dans la beauté » proverbe Navajo


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Tania Koller

Correspondances:

Gérard Uféras
Turjoy Chowdhury