Sherif Elhage


Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Sherif Elhage 30 ans, né à Leningrad d’une mère Russe-Estonienne et d’un père Libanais, je suis aussi français…

Depuis quand pratiquez-vous la photographie ?

Depuis 4 ou 5 ans mais je pense que j’ai toujours été photographe sans le savoir…

Avez vous un anecdote concernant vos débuts dans la photo ?

Je voulais être peintre mais mon appartement d’époque était très petit,et puis un jour une personne à oublié son appareil photo chez moi, j’ai joué avec sans cesse et je me suis dit que la photo était plus simple que la peinture…enfin, je croyais…

Comment avez vous découvert la photographie ?

Tout seul, depuis 2005, je passais en temps fou dans les bibliothèques et librairies à dévorer tous les ouvrages sur la photographie et la peinture, j’achetais beaucoup de livres et je regardais beaucoup d’expositions, j’ai beaucoup appris…et internet bien sur.

Avec quel type de matériel avez-vous débuté ?

Un Sony DSC F828 que mon père m’a offert… et que je garde précieusement, un bridge très polyvalent, je dormais avec tellement j’expérimentais des choses.

Quelques anecdotes sur les étapes de votre apprentissage ?

J’avais une folle tendance à surexposer mes photos, or pendant un stage dans une agence à Paris, j’avais réalisé une série pour un client prestigieux totalement surexposée qui a fortement déplu à mon employeur mais enchanté le client qui a validé la commande sans passer par l’agence … l’employeur l’a appris, j’ai vite été viré.

Si vous citez un photographe qui vous inspire particulièrement, qui serait-il ?

Il y en a beaucoup ….tellement; mais je pense qu’Edward Weston au début du 20ème siècle a ouvert la porte de la modernité visuelle pour plein de photographes.. Un vrai héros, unique en son genre, je l’admire infiniment, il savait tout faire, paysages, natures mortes, nus et portraits, et n’avait pas besoin des applaudissements, il travaillait tout seul sur la cote ouest des USA pendant que beaucoup d’artistes branchés devaient être à New York, il était indépendant, passionné et obsessionnel, sans obsession on ne fait pas grand chose… j’aime beaucoup aussi Harry Callahan, discret et infiniment créatif.

Quel appareil utilisez-vous aujourd’hui ?

Le matériel n’a aucune importance pour moi, je ne suis pas du tout un fétichiste de l’appareil photo, je maltraite mes appareils…. Vraiment, à part mon premier, mais je fais attention à mes yeux et mon index droit.

Quel(s) type(s) de photos réalisez-vous ?

Tout est photographique pour moi, je travaille beaucoup les paysages, les mouvements, les détails et la photo de nuit qui me fascine, je reste des nuits entières dehors à photographier en pose longue, les possibilités sont infinies et j’ai plein d’idées mais ça me prend énormément de temps et il y ‘a beaucoup de contraintes comme le froid, la pluie, les curieux et même la police, pour beaucoup de personnes, un mec dehors à 4 heures du mat qui fait des photos avec un trépied est forcement un type bizarre..je fais aussi des portraits et pas mal de nus mais que je ne montre à personne..j’attends..le bon moment, un jour, on verra..

Pourquoi les paysages ? Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce type de photo ? Lorsque vous vous “baladez”, pour faire des photos de paysages, que ressentez vous ?

Le paysage est assez vaste comme définition et ça me plait, une porte fermée est un paysage comme un grand plan sur une partie d’un corps ou un photo d’une plage. Je suis plus attiré par la photo personnelle et libre. Travailler sans contrainte et sans savoir, raconter quelque chose de précis, le plaisir de la photo pour la photo, avec une grande rigueur, sans être naïf ou sentimental, je reviens toujours à HarryCallahan…
je ne me balade jamais avec l’appareil en bandoulière, je l’ai toujours à la main, mes sentiments personnels comme mes états d’âmes non rien à voir avec ma photo, les émotions dans la photographie c’est moche et ridicule, il faut autre chose…au delà de çà et je ne saurais pas trop l’expliquer.

Comment travaillez vous ? Dans vos photos, vous utilisez souvent la méthode de la pose longue.

Je travaille comme je veux et je pense qu’il n’ y a aucune règle en photographie comme dans la vie d’ailleurs. La pose est longue quand c’est nécessaire!! comme dans la vie aussi…

Pouvez-vous nous parler de vos photos prise de nuit ? pourrait-on employer l’adjectif « conceptuel » en parlant de vos photographies ?

Je ne sais pas quoi vous répondre… je ne fais pas que des photos de nuit. Récemment j’ai fait une exposition avec uniquement des photos de jour surexposées et presque blanches mais le travail de nuit est différent, j’aime alterner, avoir le choix et plusieurs possibilités. Concernant le conceptuel je ne sais pas trop, oui et non, je laisse les autres dire et penser ce qu’il veulent de mon travail, moi je fais ou j’essaye de faire de la photo intelligente curieuse et honnête.

Que pouvez-vous nous dire sur la définition littérale de la Photographie qui serait « peindre avec la lumière » ?

Tout à fait, j’irai jusqu’à dire jouer aussi avec la lumière, s’amuser avec la lumière j’adore ça, à défaut d’être peintre au sens classique je peins avec les ombres, la lumière et la non lumière, oui ça me va …

Appliquez-vous un ou des traitements à vos photos ?

Non aucun, j’ai une très grande idée de la photographie, je ne vois pas l’intérêt de réaliser des images grâce un ordinateur, tout le processus créatif se passe lors de la prise de vue.

Comment définiriez-vous votre travail ?

Sincère, sans compromis

Quel pensez vous de la photographie aujourd’hui (nouvelles technologies,tendances, démocratisation de la photo, etc…)

Il y a de plus en plus de photographes et c’est une bonne chose, la barre est de plus en plus haute… tant mieux.

Si vous deviez choisir un seul de vos clichés, lequel serait-il ? Pourquoi ?

Ce serait un cliché que je n’ai pas encore réalisé… c’est dans ma tête. Pour moi, la meilleure photo c’est celle que je ferai demain, ce ne veux pas du tout dire que je n’aime pas mon travail actuel mais je suis profondément optimiste et je pense que le futur sera toujours plus intéressant…

Qu’aimez-vous dans la photographie ?

J’aime être dans des endroits que je n’avais jamais vus avant, découvrir de nouveaux lieux, nouveaux points de vue, j’aime surtout revenir sur les lieux que j’ai déjà photographié un peu comme un serial killer… voir du neuf dans des lieux que je connais bien est sans doute mon plus grand plaisir.

Merci à Sherif Elhage !


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Tania Koller

Correspondances:

Maria Letizia Piantoni
Mathieu Bernard-Reymond