Mathieu Bernard-Reymond


L’équipe Fill-in est tombé sous le charme de ce créateur de mondes. Mathieu Bernard-Reymond créait des images poétiques et fascinantes. Il se sert de la photographie comme matière à recréer des réalités. L’imaginaire et la rêverie l’emporte. On flotte dans ces espaces propices à la réflexion et à la méditation.

Né en 1976, Mathieu Bernard-Reymond vit et travaille à Lausanne, Suisse. Il étudie les lettres, les sciences politiques et l’histoire de l’art avant de suivre la formation de l’école de Photographie de Vevey en Suisse. En 2003, il est lauréat du prix de la Fondation CCF pour la photographie et en 2006 du prix BMW/Paris Photo. Il a exposé son travail dans plusieurs festivals en Europe, aux États-Unis et au Japon. Mathieu Bernard-Reymond est représenté par la galerie Baudoin Lebon, Paris.

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Francais, né en 1976. J’ai fait des études de lettres, sciences politiques et histoire de l’art à Grenoble, puis de Photographie à Vevey, en Suisse. Je réside en suisse depuis 10 ans.

Depuis quand pratiquez-vous la photographie ?

J’ai commencé alors que j’étais en seconde, ca fait donc un petit moment. En professionnel, depuis 10 ans.


Avez vous un anecdote concernant vos débuts dans la photo ?

J’ai commencé la photo parce que j’ai trouvé un vieil agrandisseur dans le grenier de mon grand père.

Si vous deviez citer UN photographe qui vous inspire particulièrement, qui serait-il ?

Non.Robert Adams, William Eggleston, Stephen Shore, Hiroshi Sugimoto, Jorg Saase… Ce sont toujours les mêmes qui sont cités par tout le monde à la même époque. A croire qu’ils étaient bons.;-)

Avec quel matériel travaillez vous ? Pourquoi?

Mamiya 7II and Canon Eos 5DmkII. Pas d’utilisation spécifique pour chacun d’eux. Le type de caméra utilisé est un problème très secondaire d’après moi.


Quel(s) type(s) de photos réalisez-vous ? Une raison particulière à cela ?

Je photographie des paysages et des architectures, parce que je suis timide.

Est ce qu’il vous arrive de faire autre chose?

Oui, parfois je peux sortir de ma coquille..

Qu’est ce que la photo signifie pour vous?

C’est un moyen d’être au monde, tout simplement.

Quel type de recherche faites vous avant de commencer un travail?

C’est très variable. Mais j’aime me documenter lorsqu’il s’agit d’un travail de commande.

Quel est le lien avec la peinture dans votre travail?
La liberté d’inventer.

Selon moi, votre travail est très littéraire, rempli de poésie. Quels écrivains vous inspirent?

Ecco, Borges, et les surréalistes.


Appliquez-vous un ou des traitements à vos photos ? Si oui, lesquels ? Qu’apporte d’après vous ce ou ces traitements?

Oui. Tous. Ce ne sont pas des effets. C’est une partie intégrante de la photographie, qu’on le veuille ou non. C’est comme photographier une deuxième fois un matériau récolté avec l’appareil.

Comment définiriez-vous votre travail ?

J’aime travailler dans l’épure et la poésie. J’aime remettre mon travail en question. L’inconvénient, c’est que mes travaux sont trés différents les uns des autres. Cela ne facilite pas la communication avec le public.

Quel pensez vous de la photographie aujourd’hui (nouvelles technologies, tendances, démocratisation de la photo etc.)?

Plus les gens photographient, mois j’ai besoin de faire d’images pour trouver de la matière première.

Si vous deviez choisir un seul de vos clichés, lequel serait-il ? pourquoi ?

Je ne pourrais pas, et ce serais dommage d’en choisir une seule;-)

Qu’aimez-vous dans la photographie ? quels sont vos petits plaisirs?

Son aspect méditatif, proche de la philosophie.

Avez-vous des projets ou des idées dans ce domaine ?

Je pars au Cambodge cet été pour une résidence avec le centre culturel Français. Images exposées pendant Photo Phnom Penh en novembre.

« Des images de touristes découvrant le paysage autour d’eux sont déplacées dans un environnement de synthèse. Ce nouveau paysage est créé sur la base de l’image du touriste. Ses formes et couleurs génèrent les différentes altitudes des montagnes; les couleurs du paysage sont celles des vêtements du modèle. Dans l’environnement en trois dimensions ainsi obtennu, je cherche un point de vue dans lequel je replace l’individu. Le personnage devient le paysage qu’il découvre. J’aime à penser qu’il s’agit d’une metaphore de la conception romantique du paysage. » Mathieu Bernard-Reymond

« Ces images sont construites à partir de plusieurs prises de vue. Les personnages sont clonés, juxtaposés avec eux-mêmes selon leur mouvements dans l’espace. » Lors du premier contact avec les Intervalles, on pense d’abord avoir affaire à des paysages saturés d’activité, grouillants d’une multitude d’êtres humains. Mais lorsque l’on élimine mentalement les différents clones, un profond sentiment de vide s’installe, et l’on se trouve confronté à la solitude de l’homme, à la ‘Légèreté de l’être’ » William Ewingy


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Tania Koller

Correspondances:

Sherif Elhage
Patrick Evesque